Un regard perçant ou une remarque mal placé et voilà que mes yeux s'emplissent de larmes brulantes, trop salées. Tu fais semblant de ne pas voir ce que tu ne comprends plus depuis longtemps et je ravale tout ça avec amertume. Je te déteste, si tu savais. Tu me rends coupable de ma faiblesse. Parce que je suis comme une autre. Et plus coupable encore, parce que je suis moi. Je l'ai appris dans tes regards, tes haussements d'épaules, tes soupirs agacés, tes mains sèches et glacées. J'ai peur. Peur de moi et de ce que je ne dis pas. Perdue au milieu de l'histoire qui ne trouve plus son suspense, je n'ai plus de rêves. Tu les aurais détruits d'une contradiction, d'un non retentissant, sans autres explications. Je n'imagine même pas l'avenir, même pas demain, même pas tout à l'heure. Et maintenant n'a pas d'existence. Les nuits passent sans vraiment passer, comme si c'était elles qui se reposaient et non moi. Les cernes qui envahissent mon visage et mes yeux qui se posent partout, sauf sur toi, te rendent aveugle. Préférant m'ignorer et faire semblant de ne pas voir une frayeur trop pointu pour ton maigre bouclier de rires, je reste dans l'ombre de ton indifférence. Aujourd'hui, je t'ai menti. C'était pas la première fois, ni la dernière. Seulement un pas de plus près du gouffre qui se creuse entre nous. Je voudrais te frapper pour que tu réagisses, que tu te rendes compte que je tombe de fatigue, que je ne ris plus jamais face à toi et que je ne crois plus en rien, même en moi. Je voudrais une bonne bagarre, un combat sur le tapis du salon, pour que tu m'envoies des droites qui me fasse m'effondrer sur toi. Je voudrais que tu remplissent ton rôle jusqu'au bout, et d'arrêter de me placer chez les grands ou de me prendre pour une gamine quand ça t'arrange. Choisis. L'enfant restera dans tes jeux et ton empire, l'autre partira. Loin de tes yeux et de ton c½ur trop innocent pour être sincère. Et crois-moi, tu ferais mieux de craindre mes larmes. Parce ce que tu sais, c'est toujours une goutte d'eau qui fait déborder le vase, ou l'océan.
« C'est toi qui m'a abandonné à des anges de papiers. »
Un serment à l'eau, deux paroles en l'air...
Trois petits bateaux oubliés par terre.
Après, on rêve d'avant.